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Charpentier à Blois : charpente ancienne, réparation et bois neuf

La charpente est la seule partie de la maison que l'on ne regarde jamais. Elle est au-dessus des plafonds, derrière une trappe, sous une couche de vieille laine de verre, et l'on n'y monte qu'avec une lampe et une bonne raison. C'est pourtant elle qui porte tout le reste, et c'est elle qui encaisse, silencieusement, les années pendant lesquelles une noue a fui.

Sous les ardoises du centre ancien de Blois, sous les tuiles plates des communes qui basculent vers la Sologne, on trouve des charpentes de chêne assemblées à tenons et mortaises, chevillées, souvent remaniées deux ou trois fois au fil des siècles. Elles supportent beaucoup mieux le temps qu'on ne le croit — et beaucoup moins bien l'eau qu'on ne l'imagine.

Mon travail commence donc par une lampe et une pointe de couteau, dans les combles, avant toute discussion de prix. Un bois se juge de près, en le touchant, en écoutant le bruit qu'il rend sous le marteau. Ce que l'on voit depuis le sol ne dit rien de son état réel.

Charpente bois neuve vue de dessus sur un bâti ancien en pierre : pannes et chevrons en bois massif posés en éventail sur les murs de pierre.

Nos prestations charpente

Diagnostic de charpente

Je monte dans les combles, je repère les bois, je sonde les abouts, les appuis sur les murs et les zones situées sous les points de couverture délicats. Je cherche trois choses : l'humidité, les insectes à larves xylophages — capricorne, petite vrillette — et les déformations. Vous repartez avec un relevé de ce qui est sain, de ce qui est attaqué en surface, et de ce qui a réellement perdu de la section.

Réparation d'un élément : greffe, moisage, prothèse

Un about de panne pourri par une infiltration ne condamne pas la panne entière. On étaie, on coupe le bois mort en sain, et on greffe un tronçon neuf assemblé et boulonné, ou l'on double la pièce par un moisage, deux flasques de part et d'autre qui reprennent l'effort. C'est un travail de chirurgie plutôt que de démolition, et c'est presque toujours moins coûteux qu'un remplacement complet.

Dépose et repose de charpente

Quand une structure a trop perdu — plusieurs fermes atteintes, des assemblages ouverts, un versant qui a pris de la forme —, la réparation devient plus chère que le neuf et moins sûre. On dépose alors la couverture puis la charpente, section par section, en maintenant le bâtiment étayé, et l'on remonte une structure aux mêmes lignes.

Charpente neuve et modification

Création d'une lucarne pour ouvrir un comble, reprise d'un pan pour une extension, remplacement d'une petite charpente entière : le bois neuf se travaille selon les mêmes principes que l'ancien, avec des essences choisies pour l'usage — chêne en réparation d'ancien, résineux traité en structure courante. Une lucarne, elle, touche à l'aspect extérieur et relève de l'urbanisme autant que de la charpente.

Une charpente ne se juge pas depuis le sol

Il y a une manière assez simple de savoir si l'on a affaire à quelqu'un de sérieux : demandez-lui s'il est monté. Un bois se lit de près. Une poutre peut paraître impeccable et céder sous la pointe d'un couteau à trente centimètres du mur, parce que c'est là, dans l'appui, que l'humidité s'accumule et que l'air ne circule pas. Je regarde donc quatre choses. Le son : un bois sain, frappé du manche du marteau, rend un bruit sec ; un bois vidé rend un bruit sourd. La pénétration : la pointe s'enfonce-t-elle, et sur quelle profondeur. Les traces d'eau : auréoles, coulures, poussière lavée, moisissures blanchâtres sur la face inférieure d'un chevron. Et les indices d'insectes : trous de sortie de quelques millimètres, sciure fine au sol, galeries sous l'aubier. Ce relevé prend du temps et il change tout. Il permet de distinguer une charpente qui a souffert d'une charpente qui est en danger — deux situations que l'on confond souvent, et dont les budgets n'ont aucun rapport. Beaucoup de charpentes anciennes que l'on m'annonce condamnées se réparent en quelques pièces.

Vue depuis le faîtage d'un long pan de toiture entièrement recouvert de tuiles terre cuite neuves (chantier en cours). À…

Traiter, greffer, ou remplacer

Ces trois réponses ne s'adressent pas au même problème, et les mélanger coûte cher. Le traitement s'adresse aux insectes et aux champignons encore actifs. On bûche les parties tendres, on pulvérise, on injecte dans les sections importantes. C'est utile, c'est même parfois indispensable, mais il faut être clair : un traitement arrête une attaque, il ne rend jamais la matière déjà mangée. Une poutre traitée reste une poutre affaiblie. La greffe ou le moisage s'adressent à la perte de section localisée : un about pourri, une zone attaquée sur cinquante centimètres, un assemblage éclaté. On rétablit la résistance en ajoutant du bois neuf là où le bois ancien a disparu, en conservant tout le reste. C'est la réponse la plus fréquente sur du bâti blésois, et de loin la plus économique. Le remplacement s'impose lorsque la pièce n'a plus de sain sur une longueur suffisante, ou lorsque plusieurs fermes sont touchées ensemble. Là, réparer serait de la cosmétique. Je vous dirai lequel de ces trois cas est le vôtre, et pourquoi.

Gros plan d'une vieille couverture en tuiles canal fortement encrassée AVANT intervention : mousses, lichens jaunes et verts sur les tuiles, plusieurs tuiles fendues.

La charpente paie les fautes de la couverture

Presque toutes les charpentes abîmées que je rencontre ont été tuées par un litre d'eau qui passait quelque part depuis des années. Rarement par une grosse fuite spectaculaire, que l'on répare vite : plutôt par un suintement discret sous une noue, un solin de souche entrouvert, une gouttière qui déborde et mouille un about de panne à chaque orage. Un deuxième coupable, plus récent, revient très souvent : l'isolation posée en force contre la sous-face de la couverture, sans lame d'air ni ventilation. La vapeur d'eau produite dans la maison monte, rencontre le froid, condense sur les bois et ne sèche plus jamais. Des combles isolés dans les règles vieillissent bien ; des combles bourrés vieillissent mal, et le dommage n'apparaît que dix ans plus tard. C'est pour cela que je regarde toujours le toit et le bois ensemble. Réparer une charpente sans corriger ce qui l'a mouillée revient à changer un pansement en laissant la plaie ouverte, et à recommencer le même chantier une décennie plus tard, en plus cher.

Fouille de terrassement avec talus de terre nue et remblais, radier de fondation entièrement ferraillé (nappes et attentes d'acier), coffrages bois jaunes, gaines orange.

Comment je travaille

  1. La visite des combles Lampe, marteau, couteau, et le temps qu'il faut. Je relève les bois pièce par pièce et je photographie chaque zone douteuse pour que vous voyiez ce que je vois.
  2. Le relevé et le plan de reprise On établit la liste des pièces à traiter, à greffer ou à remplacer, et l'ordre des opérations, y compris l'étaiement nécessaire pendant les travaux.
  3. Le devis Chaque pièce apparaît séparément, avec son essence, sa section et son mode de reprise. Vous voyez ce que coûte chaque bois, et vous pouvez arbitrer.
  4. Le chantier Étaiement, dépose partielle de couverture si l'accès l'exige, reprise des bois, traitement éventuel, puis remise en état de la couverture au-dessus des zones ouvertes.

Ce que je rencontre sur le bâti ancien

  • De la sciure fine au pied d'une poutre, surtout au printemps
  • Des trous de sortie de quelques millimètres alignés le long de l'aubier
  • Un about de panne noirci, juste sous une noue qui a fui
  • Un plancher de comble qui prend de la pente d'une année sur l'autre
  • Des ardoises ou des tuiles qui se déplacent toujours au même endroit du versant
  • Une fissure qui s'ouvre à l'étage, au-dessus d'une porte, et qui revient après rebouchage

Prix & devis

Chaque chantier est différent : le prix d'une intervention charpente dépend surtout de :

  • Le nombre et la longueur des bois à reprendre : c'est la base du chiffrage, et elle ne se connaît qu'après relevé dans les combles.
  • L'essence et la section : une greffe en chêne de forte section n'a pas le prix d'un renfort en résineux, ni le même délai d'approvisionnement.
  • L'accès : hauteur sous entrait, trappe étroite, escalier tournant. Monter des pièces de plusieurs mètres dans un comble blésois demande parfois de passer par le toit.
  • La nécessité de découvrir tout ou partie de la couverture pour intervenir, qui ajoute un chantier de couvreur au chantier de charpentier.
  • L'étaiement : soutenir un bâtiment pendant qu'on lui retire une pièce porteuse est un poste à part entière, dimensionné au cas par cas.
  • Le traitement curatif éventuel, que le marché français situe à titre indicatif autour de 20 à 40 €/m² de charpente traitée.

Je chiffre poste par poste, après avoir vu le bâti. C'est la seule façon de ne pas se tromper.

Ce qu'on me demande souvent — Charpente

Comment savoir si ma charpente est attaquée ?

Trois signes doivent vous faire monter : de la sciure fine au sol, des petits trous ronds dans le bois, et une pointe de couteau qui s'enfonce sans effort. Les insectes travaillent surtout l'aubier, la partie tendre en périphérie de la pièce ; l'humidité, elle, attaque les appuis et les abouts. Un bois qui rend un son creux sous le marteau demande à être examiné de plus près, même s'il paraît intact.

Un traitement suffit-il à sauver une charpente ?

Il arrête l'attaque, il ne restitue pas la matière perdue. Sur une charpente prise tôt, dont l'aubier seul est entamé, c'est souvent la bonne et unique réponse. Sur une pièce déjà vidée sur plusieurs centimètres, traiter revient à figer un affaiblissement : il faut ajouter du bois. Méfiez-vous d'un devis qui propose un traitement généralisé sans avoir relevé l'état pièce par pièce.

Faut-il déposer la couverture pour réparer la charpente ?

Pas toujours. Beaucoup de reprises se font par l'intérieur, depuis les combles, ce qui est plus économique et bien moins dépendant de la météo. On ouvre le toit lorsqu'il faut passer une pièce longue, remplacer un chevronnage complet, ou lorsque la couverture était de toute façon à refaire. Dans ce dernier cas, autant coordonner les deux chantiers.

Peut-on créer une lucarne dans un comble ?

Structurellement, c'est un travail classique de charpente : on coupe des chevrons, on pose des chevêtres, et l'on reporte la charge. Administrativement, c'est autre chose : une lucarne modifie l'aspect extérieur et relève d'une déclaration préalable, avec avis de l'Architecte des Bâtiments de France si vous êtes en secteur protégé ou aux abords d'un monument. Le dessin, les proportions et les matériaux peuvent faire l'objet de réserves. On étudie donc le volet urbanisme avant le volet bois.

Mes autres métiers à Blois

Le secteur que je couvre

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